vendredi 22 février 2019

Camus-Casarès Correspondance

Correspondance Camus-Casarès (1944-1959)
Référence : Édition de Béatrice Vaillant, avant-propos de Catherine Camus, collection Blanche, éditions Gallimard, novembre 2017

                       
                                                      Au théâtre Marigny en 1948


La fameuse correspondance entre Albert Camus et l’actrice Maria Casarès a été enfin éditée. Catherine Camus, la fille de l’écrivain s’est décidée à autoriser sa publication et même à signer un avant-propos. On comprend ses préventions, ses réticences à "officialiser" la liaison de son père avec Maria Casarès, cette longue connivence qui ne finira qu’à la mort de Camus. [1]



Le 19 mars 1944, Albert Camus et Maria Casarès se croisent chez Michel Leiris. Cette jeune espagnole, ancienne élève du Conservatoire, est la fille d’un républicain espagnol en exil. Ce n’est déjà pas rien pour le Camus homme de gauche et anti franquiste, une Espagne chère à son cœur qui lui rappelait ses racines maternelles.
Elle a débuté au Théâtre des Mathurins en 1942 au moment où Albert Camus publiait L’Étranger. Il vit alors à Paris, sa femme Francine étant restée à Oran pour cause de guerre.

Elle a décroché le rôle de Martha dans la pièce de Camus Le Malentendu créée en juin 1944. On dit que c’est pendant la nuit du débarquement qu’ils devinrent amants. Suivra une longue relation amoureuse assez difficile et d’une longue correspondance d’une quinzaine d’années.

     
      Avec Jean-Louis Barrault


Ils vivront une relation houleuse, ponctuée de séparations qui n’empêcheront pas de féconds échanges épistolaires. Chacun a sa vie, marquée par des contraintes artistiques et intellectuelles, par la maladie de Camus et sa vie familiale, surtout après la naissance des jumeaux Catherine et Jean. Ce sont aussi des boulimiques aux nombreuses activités, tournant autour de leur vie publique, pour lui les livres, le théâtre et les conférences, pour elle la Comédie-Française, les tournées et le TNP.
Dans ces conditions, difficile d’avoir une relation suivie, ce qui pour nous est une aubaine car quand ils ne peuvent pas se voir, ils s’écrivent beaucoup.

Leur correspondance croisée révèle ce que fut l’intensité de leur relation intime, aiguisée à travers le manque et l’absence autant que dans la part d’acceptation qu’elle contenait, l’intensité du désir qui sen dégage et dans le bonheur des jours partagés. Une connivence aussi dans le travail en commun, la quête toujours renouvelée d’un amour absolu dans son accomplissement du quotidien. 

         

Si l’œuvre d’Albert Camus est bien confortée par l’idée d’amour et sa façon de le vivre, c’est aussi à travers cette expérience unique et intense qu’elle a pu à ce point s’exprimer. La publication de cette correspondance, aussi importante par le nombre de lettres qu’elle contient que par leur intérêt qui nous montrent en quelque sorte un Camus "de l’intérieur", exprimant sans intention littéraire son amour à la femme qu’il a choisie, un amour réciproque dont a parlé Maria Casarès dans une interview : « Quand on a aimé quelqu’un, on l’aime toujours, […] lorsqu’une fois, on n’a plus été seule, on ne l’est plus jamais ».
L’amour entre ces deux exilés, la Galicienne et l’Algérien, fut parfois difficile, contrarié par sa clandestinité et le manque de temps, mais son caractère alternatif a sans doute favorisé sa durée. Maria Casarès se voyait avec Albert Camus comme les trapézistes évoluant sans filet : «Là-haut, toujours là-haut, toujours tendus, accrochés l’un à l’autre, tenus par l’autre, et en bas, le gouffre. »

           
     Le couple avec Jean-Louis Barrault et Serge Reggiani


Cette "brune mince et piquante" avait été remarquée par le metteur en scène Marcel Herrand qui lui confie ensuite le rôle de Martha dans le Malentendu d’Albert Camus.
Leur rencontre du 5 juin 1944 chez Dullin rue de la Tour-d’Auvergne, Simone de Beauvoir l’évoque dans La force de l’âge, présentant Maria Casarès qui «portait une robe de Rochas à rayures violettes et mauves, elle avait tiré en arrière ses cheveux noirs ; un rire un peu strident découvrait par saccades ses jeunes dents blanches, elle était très belle ».
Le lendemain, Albert et Maria devenaient amants.


Dans ses lettres de 1944, Camus la supplie de le rejoindre à Verdelot, où il s’est réfugié auprès de Brice Parain après la dénonciation du réseau Combat, se sentant «seul et désert ». «Tu ne t’es pas rendu compte que tout d’un coup j’ai concentré sur un seul être une force de passion qu’auparavant je déversais un peu partout, au hasard, et à toutes les occasions » écrit-il le 17 juillet 1944. Elle est réticente et va rompre en octobre 1944, date du retour de Francine Camus à Paris. Il faudra 4 ans, un 6 juin 1948, pour qu’ils renouent.
Il faudra 4 ans pour que le lien se renoue. 6 juin 1948, ils se croisent par hasard boulevard Saint-Germain. « Pourquoi le destin nous aurait-il mis l’un en face de l’autre une fois ? Pourquoi nous aurait-il réunis de nouveau ? Pourquoi cette nouvelle rencontre au moment où il fallait ?» s’interroge Maria Casarès l’année suivante.

Camus vient de publier La Peste et vit à Paris avec Francine et les jumeaux qui ont deux ans. Elle de décide à se séparer de son dernier amant Jean Bleynie car ils ont décidé de rester ensemble malgré tout. «Oui, il est bien vrai que nous revenons l’un à l’autre, plus vrais et plus profonds peut-être que nous ne l’étions. Nous étions trop jeunes (moi aussi, vois-tu) et nous ne sommes pas trop vieux pour tirer profit de ce que nous savons : cela est merveilleux» (Albert Camus, 21 août 1948). Pour lui, ils sont passés de "l’amour orgueil" à "l’amour-don".

         
« C’est tout simplement que je t’aime et que tu sois près ou loin, tu es toujours là, partout, et que le seul fait que tu existes me rend pleinement heureuse. »
Maria Casarès


 Après cette période, ils ont parfois un peu de mal à gérer cet «amour si déchiré qui nous est imposé». « J’ai rêvé d’une vie avec toi et je te jure que cela me coûte d’y renoncer, mais justement parce que cela m’est si pénible tu dois me croire» (Maria Casarès, le 18 juillet 1949). En fait, elle a beaucoup de difficultés à supporter cette situation. 

« J’étouffe littéralement. Des phrases de toi qui me poursuivent encore, l’angoisse du départ, le mensonge surtout - car c’est une vie mensongère que celle-ci et je voudrais crier, quelque fois ». (Albert Camus le 26 juin 1949). Suit une séparation qui va durer deux mois, Camus partant pour l’Amérique du Sud donner une série de conférences. Il lui arrive d’évoquer sa vie familiale et la «neurasthénie» de Francine.

 La passion du théâtre les réunit. Après Martha dans le Malentendu, puis Victoria dans l’Etat de siège en 1944, Maria incarne Dora dans la pièce suivante de Camus, les Justes, créée au théâtre Hébertot le 15 décembre 1949. Pendant toutes ces années, elle l’entretiendra de la vie théâtrale, ses rencontres, ses tournées. Elle fait des beaucoup d’enregistrements radio puis enchaîne les rôles, travaille à la Comédie-Française et au TNP de Jean Vilar.

 Dans ses lettres qui sont une chronique de l’univers théâtral, on entre dans toute une époque, Gérard Philipe, Barrault-Renaud, Michel Bouquet. Elle y distille les cancans sur la rencontre entre Simone Valère et Jean Desailly, Simone Signoret qui a avorté au grand dam de Montand, Gérard Philipe… Elle va connaître un succès mondial et art en tournée en URSS, les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, l’Algérie chère à Camus et lei décrit dans ses lettres ses pérégrinations.

Elle s’avère être une grande professionnelle et se donne tout à son métier. Son engagement sur les planches est total, sachant bien qu’elle a «joué comme un ange». Ainsi de Dora, dans les Justes : «Je lui donne tout et elle y est pour beaucoup dans mon hébétude. Elle me pompe, elle me vide ; elle le sait aussi et elle m’aime. C’est ma meilleure amie.» Elle arrive parfois qu’elle perde son humour : « Ce soir, j’ai failli quitter la scène pour offrir à un monsieur de premier rang des pastilles Valda, un mouchoir pour étouffer sa toux ou bien deux places pour revenir une autre fois, quand il irait mieux. Je me suis retenue» (7 janvier 1950). Ils parlent de chose et d’autres, du potentiel remplaçant d’un Serge Reggiani indisponible, remplacé par Jacques Torrens qui ne lui plaît guère. Camus refuse de dédicacer la pièce à Jacques Hébertot qui le lui demande…

Notes et références
[1]
au total, un ensemble de 865  lettres, télégrammes et bristols, datés de juin 1944 au 30 décembre 1959


Voir aussi
* Tu me vertiges, Florence M. Forsythe, éditions Le Passeur, la liaison entre Camus et Casarès, 2017 --


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vendredi 7 avril 2017

L’Étranger, Camus et Kaplan

Référence : Alice Kaplan, En quête de "L’Étranger", [Looking for The Stranger], traduction Patrick Hersant, Hors série Connaissance, éditions Gallimard, 336 pages, septembre 2016

    

L’Étranger, œuvre maîtresse d’Albert Camus, certes, mais comment est-elle née, dans quelles conditions a-t-elle été écrite et comment a-t- elle été reçue ? Autant  de questions auxquelles s’efforce de répondre Alice Kaplan., écrivaine et universitaire américaine qui a enseigné le Français, la littérature et l’histoire. 
Jusqu’à l’écriture de L’Étranger, Albert Camus avait hésité entre essai philosophique et fiction romanesque dont on connaît bien la démarche par la présentation qu’en a faite Jacqueline Lévi-Valensi. [1]
Alice Kaplan  précise ainsi sa manière de faire : « Ma méthode consiste à accompagner Camus, mois après mois, comme si je regardais par-dessus son épaule, pour raconter l'histoire du roman de son point de vue. Ce faisant, je me rapproche autant que possible de son état d'esprit au moment où il crée "L'Étranger", l'adresse à un éditeur et le publie dans une France en guerre. » [2]
 
C’est ainsi qu’on suit le parcours de cette œuvre de 1939 à 1946 et les suites de sa publication.

Alice Kaplan observe donc d’abord l’écrivain au travail, les mots qui s’étalent sur la page, accompagnant Camus mois après mois, comme si elle avait assisté à son écriture. Aucune interprétation ici, juste la naissance et l’élaboration du roman.

      

L’histoire de ce monsieur Meursault, cet homme dont le nom fait penser à un saut dans la mort, n’est banale qu’en apparence, marquée par la vie lancinante et sans surprise d’un homme impénétrable que rien ne semble pouvoir émouvoir, aussi déconcertante aujourd’hui qu’elle l’était en 1942 quand Camus l’a mis en forme, avec ses points d’orgue comme autant de repères : la vue depuis un balcon par un lourd dimanche, une autre vue sur la mer à travers les barreaux d’une prison et cet éblouissement impromptu, impensable, frappant la lame d’un couteau tandis que plusieurs coups de feu mortels sont tirés.
Et cet incipit si souvent cité aussi : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

C’est en fait dans l’un de ses Carnets, dans l’année 1938, qu’Alice Kaplan a repéré la première trace du début du roman : « Aujourd’hui, maman est morte. » On peut considérer qu’il s’agit de ce que Stendhal appelait un "piloti", servant à "ancrer" le roman dans le réel, que ce soit un décor, un paysage, une lumière… l’Algérie où les problèmes entre les locaux et les européens ne manquaient pas.
Mais ce n'était pas l'objet du roman.


    

Albert Camus est alors un jeune homme qui a moins de trente ans et écrit dans un petit hôtel de Montmartre un récit qui va compter dans la littérature de son temps et compte encore aujourd’hui. Alice Kaplan reprend la chronologie de cette réussite extraordinaire d’un jeune homme déjà gravement malade, en un temps où la France est occupée. Ce récit, il y a largement pensé, il le porte en lui, disant « j’ai bien vu à la façon dont je l’écrivais qu’il était tout tracé en moi. »
Très tôt, il pense à cet homme dont il esquisse le portrait dans une première approche avec le manuscrit de La Mort heureuse, dont il reprit quelques pages dans L'Étranger.

             

On découvre le lent travail de gestion et de conception d’Albert Camus, des étapes de son écriture dans ses Carnets [3], en particulier le Cahier n°4 (janvier 1942 à septembre 1945) des Carnets II où il écrit en préambule « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort, » sans aucun doute par référence à cette tuberculose qui le tourmente alors particulièrement, ainsi que dans sa Correspondance, les détails de son élaboration progressive.

Au début de la guerre, Camus sort d’une période où il a connu beaucoup de difficultés sur le plan personnel : son mariage raté avec Simone Hié rencontrée en 1933 et dont il se sépare trois ans plus tard, son engagement et sa passion du théâtre qui l’absorbe alors, l’exigeante amitié du professeur Jean Grenier. Journaliste à Alger Républicain, Camus assiste à des procès, s’intéresse au fonctionnement du système judiciaire, aux conflits judiciaires entre Arabes et Européens, ce qui l'aidera beaucoup pour écrire la dernière partie de son roman.

"Coincé" à Paris au début de la guerre, Albert Camus met en forme L'Étranger très rapidement (en deux mois). Le livre qui passe sans problème la censure de la " Propaganda­staffel", bénéficiera pour aider à sa publication en 1942, du soutien de son "alter ego" d’Alger Républicain Pascal Pia, d’André Malraux, de Jean Paulhan et de Roger Martin du Gard, l’aîné qui lui prodiguera ses conseils pour la réception du prix Nobel en 1957.
L'Étranger aura parfois de curieuses conséquences. En 1948, un jeune étudiant tue son camarade Alain Guyader sans raison apparente, sauf qu’il dira avoie été inspiré par le crime de Meursault "qui comme lui, a tué sans haine". Sollicité, Camus finira par refuser d’intervenir mais il s’en défendra dans une lettre adressée au père de la victime, diffusée ensuite dans la presse. [5]
 
Autre exemple : un professeur américain de Michigan donne à ses élèves une version de L'Étranger  non expurgée de certaines phrases jugées obscènes. [6] Il est condamné et perd son travail. On s’apercevra un peu plus tard que sa condamnation reposait sur une loi abolie dans cet État. Erreur judiciaire encore plus ridicule mais beaucoup moins tragique que pour le procès de Meursault.

À contrario, en 1942 un européen d’Orléansville abattit de plusieurs coups de révolver un Arabe qu’il soupçonnait de vouloir le voler. Il sera relâché malgré la fureur de la communauté arabe, exemple d’un "Meursault impuni".

Alice Kaplan, à force de marcher sur les traces de Camus, a découvert en feuilletant le journal L’Écho d’Oran, année 1939, la relation de la fameuse bagarre sur la plage de Bouisseville qui a inspiré Camus et le nom du fameux arabe anonyme qui, dans le roman, est tué par Meursault.
Celui que Kamel Daoud nomme Moussa [7] s’appelait en réalité Kaddour Touil et avait ensuite été condamné à plusieurs années de prison. Tuberculeux comme Camus, il était revenu chez lui à Aïn-el-Turk près d’Oran pour y mourir en 2002.


Complément : L’Étranger, repères biographiques
- La fameuse phrase où Meursault « n’a pas pleuré à l’enterrement de sa mère »  est une référence à Saint-Augustin
- L’atmosphère lourde entre Blancs et Arabes reflète la réalité de sa jeunesse (cf page 53)
- L’enterrement emprunte aussi à celui de la belle-mère de son frère auquel il a assisté
- L’affaire Hodent qu’il suit comme journaliste conforte sa haine des mensonges de la justice et son hypocrisie ainsi que l’affaire El Okbi marquée par les histoires du crucifix e de la cloche (cf pages 49-52 et 100-101)
- L’exécution évoque celle où son père était allé et dont l’attitude à son retour, l’avait marqué
- L’influence du romancier James M. Cain sur le recours à la 1ère personne, l’accusé exécuté pour de mauvaises raisons, l’anonymat de "l’Arabe".
-La plage du crime : Bouisseville et les Ben Soussan ( cf pages 66 et 96) 
- Le silence et les mots : Meursault et la mère de Camus, le bruit (cf pages 80-81 et 101)

Oran, la plage de Bouisseville où se situe la scène du crime
 
Notes et références
[1] Voir l’ouvrage de Jacqueline Lévi-Valensi, Albert Camus ou la naissance d’un romancier, 1930-1942, éditions Gallimard, paru en 2006
[2] L’auteur pense aussi, ce qu’elle révèle dans l’épilogue, avoir retrouvé l’identité de celui qui s’appelle "l’Arabe" dans le roman, "l’anonyme" tué par Meursault.
[3] « On ne pense que par image, écrit-il dans ses carnets en 1936. Si tu veux être philosophe, écris des romans. »[4] « On ne pense que par image, écrit-il dans ses carnets en 1936. Si tu veux être philosophe, écris des romans. »[5] Voir la reproduction de sa lettre dans ses Œuvres complètes, tome III, p. 870-887[6] Comme par exemple, quand Meursault avoue « qu’il a encore un sentiment pour son coït »[7] Kamel Daoud, Meursault, contre- enquête, éditions Acte Sud, 2014

 Œuvres-repères sur l’Étranger
* Jean-Louis Rey, L’Étranger, profil d’une œuvre, éditions Hatier, 2003
* Bernard Pingaud, L’Étranger, Foliothèque, éditions Gallimard, 1992
*Alain Cerisier, Brève histoire illustrée de la publication de L’Étranger, éditions Gallimard, 2013
* Raymond Gay-Crozier, Toujours autour de L’Étranger, volumes 16 et 17, éditions Les Lettres modernes, 1995-96 

Repères bibliographiques
* Intelligence avec l'ennemi, (Le procès de Robert Brasillach), édition Gallimard, 2001
* L'Interprète : dans les traces d'une cour martiale américaine, Bretagne 1944, traduction de The Interpreter par Patrick Hersant, Gallimard, 2007
* Trois Américaines à Paris : Jacqueline Bouvier Kennedy, Susan Sontag, Angela Davis, Gallimard, 2012
* Deux citations de Camus, Revue des deux mondes --
Mes fiches Camus 2015-16 :
* L’État de siège, Camus-Rondelez -- En quête de "l'Étranger", Camus-Kaplan --
* Albert Camus-André Malraux, Correspondance --
À la recherche de l'unité -- L'éternité à Lourmarin, Camus-Char --
Voir aussi : La permanence camusienne --

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